L’aventure industrielle de l’ocre

L’aventure industrielle des ocres de Rustrel 1871 – 1991

L’ocre est un pigment naturel issu d’une roche d’origine marine. De tout temps les couleurs ocre ont attiré les hommes que ce soit pour des rites ou pour des représentations (grottes de la Préhistoire, fresques murales des Romains, art religieux au Moyen-âge, tableaux de la Renaissance,…).

La révolution industrielle du XIXe siècle lui trouve un autre usage : il est incorporé comme épaississant dans les produits manufacturés tels que le caoutchouc naturel. Cette industrie consommait de gros volumes d’ocre dans le monde entier. Il était aussi utilisé dans le bâtiment pour les enduits de façades.

L’exportation des ocres du Luberon – copyright ACR

Les paysans de Rustrel sont devenus des ocriers et des industriels exportant dans le monde entier au XIXe et XXe siècles. En effet, les premiers exploitants de l’ocre étaient des paysans qui trouvaient là un complément de revenu car le travail de l’ocre se faisait dans la saison creuse de culture des champs. Revenu d’autant plus important que les crises agricoles ont été nombreuses en Vaucluse.

Plusieurs facteurs ont favorisé le développement de cette industrie jusque là limitée :

  • La fin de l’industrie du fer présente à Rustrel
  • L’augmentation de la demande d’ocre due à la découverte de ses utilisations industrielles, en particulier dans le caoutchouc
  • L’amélioration des procédés d’extraction avec l’apparition des moteurs pour mettre l’eau sous pression
  • L’arrivée du train à vapeur à Apt en 1877 qui a permis son transport vers le port de Marseille

L’exploitation de l’ocre à Rustrel débute en 1871. Le premier ocrier, Jean Allemand, surnommé Jean de l’Ocre, raffinait son ocre dans les anciennes minoteries de farine situées dans l’usine de fer du quartier Saint-Pierre. L’extraction s’est toujours faite avec des moyens artisanaux, même au plus fort de l’exploitation.

En 1885, 12 chantiers sont exploités à Rustrel. L’exploitation se poursuit à un rythme soutenu de la fin de XIXe siècle et au début du XXe siècle. En 1925, ce sont 22 chantiers qui occupent une centaine d’ouvriers. Les fronts de taille sont encore visibles au travers de la végétation qui a repr